Il titube, emporté par le vent, errant dans les ruelles de ce monde désert. Tout est si noir autour de lui. Sa blessure le fait souffrir, à travers ses doigts entremêlés, il sent le liquide s'écouler. De quelle couleur peut bien être son sang? il fait trop noir pour le vérifier. Rouge? comme celui de ceux qu'il habite? blanc? ca serait une belle couleur pour l'espoir... noir? noir espoir, Il le lui répète souvent celle-là. "Tu es noir, tu es noir Espoir."
Il continue de marcher, d'avancer. Aller toujours plus loin. Ne jamais s'arrêter. D'un seul coup, il trébuche, s'étale de tout son long. Il peut plus se lever, ses jambes ne répondent plus, et cette douleur dans son flanc.... Pour la première fois il comprend réellement ceux qu'il côtoyait tous les jours, ceux qui avaient besoin de lui. Mais qui viendra le sauver lui? On ne redonne pas d'espoir à l'Espoir...
Il rampe, se déchirant sur le gravier. La douleur est insupportable. Il voudrait s'arrêter, s'endormir, oublier et se laisser glisser dans ce qu'on appelle la mort. Mais il ne peut pas. C'est dans sa nature, il ne peut s'empêcher d'y croire toujours, de pousser plus en avant.
Il n'est plus que lambeau, s'étiole, se déchire. Il va mourir. Il n'aurait jamais cru qu'il pouvait s'éteindre, pas lui, l'idée arrive peu à peu à son esprit... elle est là, tapie dans un coin de sa tête. Et quand il s'en rend compte, il est déjà trop tard, cette idée a envahi son esprit. Le Désespoir a envahi l'Espoir. Il n'en est plus à un oxymore près.
Et c'est ainsi que son adversaire a triomphé. Il s'est insinué à l'intérieur même de sa tête. La dernière pensée de l'Espoir sera celle de son désespoir.